LETTRE DE HOORN (67)
(du Crouesty à Hoorn)
du Jeudi 19 Mai 2016 au Mardi 31 Mai 2016
Dérive aux ¾ relevée par des fonds de moins de 3m, Balthazar embouque l’étroit chenal conduisant au petit port pittoresque d’Edam. Poussé par un vent de travers d’un bon 25nds il avance en crabe pour contrer la forte dérive associée à la position demi relevée de celle-ci. Il s’agit de ne pas se louper pour négocier l’étroite passe d’entrée, moins d’une dizaine de mètres entre une petite estacade sur tribord et une langue caillouteuse et herbeuse très basse à bâbord. Pour couronner le tout la passe est en forte courbe pour empêcher le clapot de l’Ijselmeer d’entrer dans le canal. Avec un bon régime moteur pour avoir de la vitesse limitant la dérive et pour rendre efficace mon nouveau safran central il me faut foncer jusqu’à moins de 4m de l’estacade tribord, envoyer la barre toute à bâbord pour redresser brutalement le bateau et faire ainsi échapper l’arrière à la langue de terre. Ouf, c’est passé, deux mètres au balcon avant, deux mètres sur l’arrière bâbord, et les 5 mètres de largeur sur 17,8m de longueur de Balthazar ont franchi cette passe délicate. On ne pouvait rêver meilleure épreuve pour tester l’efficacité de mon nouveau safran. Sans lui cela aurait été très chaud. Un puissant coup de turbo envoie un fort courant d’eau sur le safran braqué rapidement à fond et fait pivoter presque instantanément le bateau, ce que l’on appelle communément le coup de fouet de l’hélice. En une longueur de bateau nous changeons de monde : d’un Ijselmeer aux eaux couleur chocolat, fouetté par ce bon force 6 levant des petites lames courtes et raides dans des profondeurs dépassant rarement 3,50 mètres, nous entrons dans un canal d’eau plate, avec un vent fortement affaibli par le masque des arbres qui défilent à tribord. Vous dites Havre de paix ? Non ici c’est Buitenhaven, C’est ainsi que les Bataves désigne l’avant-port, celui à l’intérieur, blotti au cœur des petites villes s’appelant Binnenhaven.
Nous voilà donc ce Lundi 30 Mai aux abords du petit port d’Edam. Qu’y a-t-il au bout d’un canal aux Pays-Bas ? Une écluse bien sûr. Celle-ci est toute petite. Balthazar y entre seul au chausse pied après que le feu rouge soit d’abord doublé d’un feu vert au-dessous pour nous indiquer que l’éclusier commence sa manœuvre d’ouverture de la porte, extérieure, puis que le feu rouge se soit éteint laissant seul le feu vert nous autorisant à entrer. Signalisation simple et claire. Suit un étroit canal qui nous amène dans un site délicieux, des petits quais bordés d’arbres et de petites maisons étroites et pittoresques aux anciennes façades soignées et fleuries. Beaucoup datent du XVIIième siècle. Nous sommes au cœur de cette petite ville rendue célèbre par sa fabrique de fromages.
Heureux d’entamer notre croisière estivale nous emmenant cette année vers les Pays-Bas et les pays de la Baltique nous étions arrivés dans un tourbillon au Crouesty pour appareiller et respecter ainsi le programme de navigation adressé aux équipier(e)s quelques mois avant, réservation des avions ou trains obligent, pour assurer la relève des équipages.
En effet un gros retard des travaux d’amélioration et maintenance lourde de Balthazar a sérieusement bousculé la préparation de cette croisière. Préparation faite sur les chapeaux de roue, ou plutôt liston dans l’eau avec un calendrier de folie :
- Vendredi 15 Avril livraison et remise à l’eau de BALTHAZAR par le petit chantier Normandy Yachts Services (créé par un ancien de Garcia) de Ouistreham.
- Samedi 16, Dimanche 17, Lundi 18 Avril, retour rapide au Crouesty en faisant le tour du Cotentin et de la Pointe de Bretagne.
- Du Mardi 3 Mai au Samedi 7 Mai croisière des îles organisée par les centraliens, invités que nous sommes par Jean-Jacques Auffret et Jean-Pierre Merle, Sup Elec faisant maintenant partie de la confrérie.
- Du Lundi 9 Mai au Vendredi 13 Mai voyage AMISPACE en Provence que j’ai organisé pour un groupe d’une vingtaine de personnes à la demande de mon ami Jean-Marcel AGASSE, président de l’association des anciens d’Arianespace.
- Mardi 17 Mai, retour au Crouesty pour préparer l’appareillage qui a lieu le Jeudi 19 Mai.
Pour couronner le tout un contrôle fiscal me tombe sur le dos qui me demande de réunir le dernier week-end avant mon départ pour trois mois, derniers jours pendant lesquels il faut mettre en ordre toutes les actions, papiers et visa pour St Petersbourg, une avalanche de documents et justificatifs concernant mes déclarations sur les revenus 2013 et 2014. La poursuite de la préparation du voyage en Alsace en Octobre des anciens administrateurs d’Arianespace réunissant les anciens dirigeants de l’industrie spatiale européenne en prend un coup. Heureusement que je ne suis pas seul et que Louis (Viala) me donne un sérieux coup de main.
Une croisière de trois mois çà se mérite !
Il est vrai, à la décharge du chantier, que j’avais sérieusement allongé la liste des travaux demandés. Au départ je voulais régler un problème de manque de manoeuvrabilité dans les espaces réduits où l’on se trouve à basse vitesse (ports, calanques ou passes étroites, écluses..,) propre à tous les voiliers modernes équipés d’un double safran, problème qui m’avait mis en difficulté par vents forts dans certaines situations. En effet dans le cas des bisafrans, le jet d’eau envoyé par l’hélice passe dans le vide entre les safrans écartés et ne crée donc plus de couple (coup de fouet) si efficace pour manœuvrer à basse vitesse quand on dispose d’un seul safran central défléchissant le jet d’eau. J’ai donc décidé de faire installer un safran supplémentaire de petite taille (400x600mm quand même) juste derrière l’hélice et de confier ce travail à ce petit chantier connaissant bien les Garcia car constitué d’anciens de cette maison (le chantier Garcia se concentre sur les productions neuves et ne fait pas de travaux de modifications de ce type).
Mais bien entendu j’ai mis à profit cette mise à sec dans un chantier pour faire d’autres travaux rendus nécessaires par les navigations intensives (près de 50.000 milles) que BALTHAZAR a faites depuis sa mise à l’eau, précisément là, à Ouistreham, il y a huit ans :
- déposer la dérive qui devenait dure à abaisser et remonter et refaire ses paliers,
- remplacer la toilette arrière et remplacer les tuyaux entartrés les reliant aux réservoirs à eaux noires,
- renforcer la fixation (taraudage et remplacement des vis inox par des vis de plus gros diamètre) du davier qui avait été endommagé à la suite des efforts énormes (plus de 4 tonnes de traction) subis dans l’ouragan de la baie Thétis et remis en état avec les moyens du bord à Ushuaia
- mise en place d’ailettes cylindriques sur la partie avant du davier pour faciliter le glissement de la chaîne lors de fortes tractions latérales (un blocage de la chaîne sur une arête neutraliserait l’amortisseur textile monté à plat pont en l’empêchant de s’étirer sous la traction d’une rafale au mouillage)
- remplacement des boîtes à eaux grises qui nous avaient empoisonné la vie à de nombreuses reprises. J’ai fait faire des petites boîtes étroites pour limiter le ballottement et étanches en PVC adaptées pour ne contenir que le flotteur déclenchant la mise en route de la pompe et un volume tampon d’eau ne dépassant pas 1,5 L pour rejeter les eaux grises à la mer en passant dans un tuyau en col de cygne et installation d’une nouvelle pompe à membrane aspirante à l’extérieur de la boîte. Avalant sans sourciller cheveux, savon à barbe et autres saletés, se réamorçant toujours, c’est une solution très supérieure à la pompe centrifuge pour cet emploi.
- remplacement du turbo extrêmement corrodé sous la chaussette isolante en amiante qui me l’avait caché, chaussette qui est manifestement la cause de cette profonde corrosion (je la vire)
- remplacement du pot mélangeur d’échappement « waterlock » en aluminium, corrodé, par un nouveau pot mélangeur en inox.
- ouverture du réservoir d’eau pour inspection et recherche de corrosion, mise en place de deux anodes comme pour les chauffe eaux,
- recherche systématique de corrosion éventuelle dans les fonds à la suite de la découverte d’une attaque traversante dans un cordon de soudure sous la boîte à eau grises de la coursive qui me la cachait. L’aluminium nécessite une bonne surveillance et des fonds secs et propres pour éviter qu’avec de l’eau de mer stagnante comme électrolyte et la présence éventuelle d’un métal différent (par exemple vis ou rondelle en inox tombée dans les fonds) un courant électrolytique l’attaque.
- mise en place de drains au fond des coffres arrière pour assécher les fonds peu accessibles à cet endroit.
Retard du chantier après ces importants travaux qui nous oblige, Philippe (Van Oost) JP et moi à faire un retour express au Crouesty en trois jours, malheureusement au moteur pour l’essentiel en l’absence d’Eole parti souffler ailleurs, pour faire le tour du Cotentin puis de la Pointe de Bretagne avec une seule escale à Loctudy.
Maurice est là pour nous accueillir au ponton, retenu auprès de Dany qui traverse une période difficile pour sa santé.
Dans la foulée poursuite de la préparation du bateau :
- remplacement de la capote que les UV de la Méditerranée avaient achevé de cuire après 8 ans de croisière, reprise de coutures de la Grand’Voile et du génois chez le voilier (All Purposes Crouesty).
- à la suite d’un démarrage paresseux du moteur à Loctudy, répété au Crouesty, alors que les batteries sont récentes et bien chargées, le remplacement des cosses oxydées des fils d’excitation du solénoïde du démarreur du moteur et le nettoyage des bornes des batteries de démarrage redonnent au démarreur sa pêche
- entretien du hors bord
- démontage, nettoyage et graissage des 10 winchs par Olivier de Yachting Equipement qui m’amène dans sa camionnette deux belles aussières neuves de 100m en polypropylène (flottant) pour renouveler celles de l’Antarctique endommagées à Santorin et portant leur huit ans d’âge.
Mardi 3 Mai. Le réveil sonne à 4h à Meudon. Je pars rejoindre Balthazar au Crouesty en voiture. Normalement je fais ces 450km en TGV qui m’amène sans fatigue et rapidement à Vannes où une correspondance en car m’amène à destination. Mais cette fois-ci je dois prendre la voiture qui n’a pas vu Balthazar depuis deux années car j’ai à débarquer de la lourde documentation de notre croisière au Maroc et en Méditerranée ainsi qu’un certain nombre d’impedimenta que l’on accumule au fil des croisières. Je dois en outre passer chez le voilier récupérer le lourd génois et chez le mécanicien récupérer le hors bord après sa visite d’entretien.
Je retrouve à bord à dix heures JP, Philippe Blot ainsi que Patrick et Françoise Chedmaille. Nouveaux équipiers fort sympathiques et expérimentés, brillants centraliens. Patrick a enseigné, ainsi que Philippe, et a été Directeur de l’Ecole Centrale de Nantes. Ils ont embarqué sur Balthazar pour participer comme nous à la croisière des îles avec 7 bateaux de la confrérie centralienne, dont un skippé par Jean-Jacques (Auffret), croisière organisée annuellement à l’occasion des 4 jours du pont de l’Ascension. Ingénieurs, ils sont évidemment intéressés par les mesures de traction sur la ligne de mouillage destinées à valider le modèle de calcul de la tension max subie par l’ancre et la ligne de mouillage d’un bateau que j’ai mis au point (projet Eole), mesures que nous allons faire tout de go à la plage de Houat après avoir pris un rapide déjeuner sur place. Philippe, très à l’aise en calculs de résistance des matériaux, m’enverra à mon retour le calcul exact de l’élasticité d’un maillon épais de chaîne de mouillage, me permettant de recaler ce paramètre important dans le calcul de la réponse à une rafale.
Les mesures montrent que les forces en jeu sont bien du même ordre de grandeur que ce que donne le calcul théorique, mais que la méthode de validation est à revoir pour plusieurs raisons (cadence de mesures insuffisante pour saisir le vrai pic de tension en ligne de mouillage toute chaîne non amortie par un bout de textile qui s’apparente à un choc tellement il est pointu, mouvements dynamiques du bateau perturbant les mesures du cas théorique, vent trop fort pour faire des mesures du cas simulé et trop faible pour lever toute la chaîne, mouillage trop long entraînant un ragage important de la chaîne sur le fond apportant un facteur d’amortissement important qui n’existe pas en cas de vents forts levant toute la ligne). Ti’punch en soirée avec Jean-Jacques qui nous a rejoint avec ses équipiers.
Après avoir passé une nuit calme à Houat nous appareillons à 9h15 le lendemain Mercredi 4 Mai par petit temps. Deux bords de près serré nous amène par le travers du phare du Four, puis le vent tombe et il faut faire appel à la risée Perkins. Un peu avant 14h nous doublons la Pointe du Croisic à un mille sur bâbord et à 15h30 l’ancre tombe à deux encâblures de la jetée de Pornichet, au bout de la grande plage de la Baule, pour faire de nouvelles mesures dans des conditions différentes. Mais une deuxième fois ces essais préliminaires se terminent en endommageant le capteur de tension dont le fil est écrasé par la chaîne à l’extérieur du davier. Après réparation une nouvelle méthodologie tenant compte de ces expériences (notamment je ne mettrai plus le capteur trop vulnérable à l’extérieur du davier mais sur le pont en retrait du davier où il sera mieux protégé) me permettra à l’Automne, après le retour de croisière d’été de Balthazar de valider avec une bonne précision je l’espère, dans différentes conditions météorologiques, le modèle de simulation permettant de dimensionner correctement une ligne de mouillage et de définir correctement son domaine d’emploi, domaine où l’empirisme ou le doigt mouillé réservent des surprises et autres dérapages dangereux.
Les bateaux de la croisière des îles sont maintenant rassemblés là pour le départ demain matin, Jeudi de l’Ascension.
Le lendemain une agréable navigation par vent traversier d’Est force 4/5 sous GV et Gennaker nous amène à proximité de l’île d’Yeu. La brise tombe et nous arrivons à Port Joinville au moteur. Soirée très sympathique chez Roger (Vignelles), centralien lui-même, et Elizabeth qui ont invité pour l’occasion l’équipage de Balthazar et celui du bateau loué par Jean-Jacques. Roger a joué un rôle essentiel dans le développement de la filière Ariane au CNES où il prendra ma suite comme Directeur des Lanceurs puis à la SEP (Société Européenne de Propulsion) qui développe et produit les moteurs d’Ariane, dont il sera le PDG. Nous apprécions beaucoup de nous retrouver régulièrement, liés que nous sommes par tant de souvenirs forts et communs qui ont émaillé l’essentiel de notre carrière professionnelle.
Le lendemain nous emmène à St Gilles-Croix de Vie où un joyeux apéritif et dîner dans un vaste restaurant réunit l’ensemble des équipages.
Nous faussons compagnie à la croisière pour rentrer rapidement Samedi en fin d’après-midi au Crouesty. Pendant le trajet retour l’alarme réservoir à eaux noires plein se déclenche. Voilà à nouveau la toilette avant bouchée ! J’enrage contre Christophe du chantier Normandy. A Ouistreham le jour de la remise à l’eau en faisant la revue des travaux effectués il me répond à ma question précise de changement des tuyaux que j’avais demandé qu’il a bien changé le tuyau entre la toilette et le réservoir à eau noire (il était tellement entartré que l’on ne pouvait plus passer le petit doigt dans un tuyau de 60mm de diamètre !) mais qu’il n’avait pas changé le tuyau de vidange du réservoir au passe coque, m’assurant que ce n’était pas nécessaire, cette partie « ne s’entartrant pas » d’après lui. A l’arrivée au Crouesty nous devons aller à la station de pompage des eaux noires. Plusieurs vidanges et remplissage du réservoir à l’eau claire n’y font rien. Je décide de faire un traitement énergique à la soude, qui avait résolu notre problème en Grèce l’an dernier et laisse le produit agir jusqu’à mon retour. Retour Dimanche à Paris en voiture après un très sympathique dîner chez Pierre et Elizabeth (Dubos) Samedi soir. La loggia de leur appartement surplombe la belle plage de Kervert et offre une superbe vue sur la baie de Quiberon, depuis le phare des Cardinaux et la charmante petite île de Hoëdic au SW , l’île de Houat, puis en remontant vers l’Ouest le passage de la Teignouse avec son petit phare rouge et blanc et enfin la presqu’île de Quiberon.
Retour au bateau Mardi 17 Mai avec le fameux Hubert qui est cette fois de la partie. Mimiche a accompagné JP et a gentiment fait des courses. Nous profitons de sa voiture pour changer la bouteille de gaz tribord et disposer ainsi de deux bouteilles neuves de 10kg de gaz couvrant avec une bonne marge de sécurité nos besoins de trois mois de navigation. Les bouteilles Suédoises ou autres ont des standards différents et nous poseraient problème s’il fallait embarquer du gaz au cours de la croisière. La toilette est toujours bouchée ce qui nous vaut d’aller de nuit à la station de pompage puis à la cale à marée haute non sans avoir administré deux litres d’acide chlorhydrique au tuyau entartré récalcitrant.
Les ennuis arrivent en escadrille, c’est bien connu. Croyant gagner du temps je ne remets pas en place le plancher de la coursive donnant accès au passe coque en cause pour le trajet de nuit de la station de pompage à la cale. Ce qui devait arriver arriva ; JP allant chercher sa frontale dans la cabine avant se casse la gueule dans le trou et casse net l’embout en PVC de la boîte à eaux grises toute neuve. Nous voilà frais. Noms d’oiseau que je destine à moi-même. Le nombre de fois où l’on croit gagner du temps en n’appliquant pas les procédures élémentaires et où l’on en perd finalement beaucoup est presque infini. En bateau, on l’a déjà vu dans ces lettres, l’à peu près se paye vite et cash. A 76 ans prochainement je devrais pourtant le savoir ! Heureusement JP ne s’est pas blessé en enfilant la jambe dans le trou. Changement des anodes de coque et des butées visco élastiques des pales de l’hélice repliable puis opérations de débouchage du tuyau de sortie en introduisant de l’eau sous pression par l’extérieur du passe coque. Plusieurs opérations successives débouchent chaque fois la vidange mais celle-ci s’obstrue à nouveau de temps à autre après remplissage au jet. Je ne peux pas partir en croisière dans ces conditions et appelle au secours Olivier qui arrive immédiatement avant que la marée remonte à la cale (il n’est en effet pas prudent de trafiquer sur un passe coque à flot) avec un tuyau neuf et fait le remplacement. Le tuyau était lui aussi profondément entartré. Noms d’oiseau destinés cette fois-ci à Christophe du chantier Normandy mais problème réglé. Celui de la toilette arrière, moins fréquemment utilisée, sera à remplacer cet Automne comme il aurait également dû l’être à Ouistreham.
J’appelle également au secours Maurice qui joint immédiatement la personne qui a fait les boîtes. Coup de bol, il intervient dans une demie heure sur le port du Crouesty. La cassure est nette, franche avec des biseaux qui se clipsent avec un bruit sec lorsqu’on remet l’embout en place en pressant dessus. Il a apporté la colle qui va bien et 24h plus tard la boîte à eaux grises reprendra son service sans soucis. Ce garçon super a créé à Vannes sa petite entreprise d’objets divers en matières plastiques pour la petite industrie et les chantiers ; submergé de travail il est quand même immédiatement venu pour ce bricolage et n’a pas voulu que je lui paye sa prestation. Quoiqu’en disent certains esprits chagrins il y a heureusement toujours des gens très bien.
Fourbus nous ramenons à la marée haute le bateau de la cale à son poste, à l’extrémité du ponton Y. Balthazar est enfin prêt à prendre le large. Enfin presque… Il ne lui manque qu’un loch opérationnel pour mesurer la vitesse surface et donc estimer les courants en comparant cette mesure avec la vitesse fond mesurée par le GPS. Mais impossible de retrouver le même compatible de la centrale FI30 de Furuno que celui installé il y a 8 ans et qui a rendu l’âme sur le trajet de retour de la Méditerranée. Enfin, un loch de remplacement compatible FI30 mais nécessitant le changement du passe coque est dégotté par Pochon. Il arrivera à Meudon après mon départ et Anne-Marie l’amènera en rejoignant le bateau à Amsterdam.
Si on attendait que nos bateaux soient parfaitement prêts pour appareiller on ne partirait jamais.
Pas de regrets de ne pas avoir appareillé comme prévu ce Mercredi car un solide NW force 7 est pile sur route et j’aurais dû ajourner de toute façon le départ de 24h, peu attiré par cette galère de remonter en tirant des bords au près serré dans une mer pénible assortie d’une bonne houle de NW ce vent exactement de bout, d’autant plus que l’étape est longue.
Jeudi 19 Mai. Il fait beau ce matin. La prévision de Météo France, de Penmarc’h à l’anse de l’Aiguillon, nous annonce du vent d’Ouest revenant à SW l’après-midi, une mer agitée avec une houle approchant 2m au Nord de la zone. A larguer les amarres à 7h10 ; çà y est, après cette préparation précipitée, c’est le départ pour une longue croisière toujours assortie du piquant délicieux d’une dose plus ou moins grande de découverte et d’aventure.
Après avoir tiré des bords pour passer la Teignouse puis remonter le courreau de Belle Ile jusqu’à doubler la pointe des Poulains, un long bord dans un vent passé à l’WSW force 4/5 nous amène vers 17h au phare de Penfret qui signale à l’Est l’archipel de Glénan. Il nous faut alors faire plein Ouest vent de bout au moteur pour embouquer la passe étroite au milieu des cailloux entre Drenec et l’île aux Moutons pour aller virer la Pointe de Penmarc’h et arriver à l’étale de basse mer au Raz de Sein. Je ne veux pas refaire la sottise du passage scabreux du Raz que je fis en Novembre en amenant Balthazar à Ouistreham pour les travaux indiqués ci-dessus. En effet, ayant fait escale à Loctudy pour bien dormir et viser la bonne heure pour passer le Raz de Sein j’avais cru bon, pour gagner une heure et demi de sommeil, de viser le passage avec ce décalage par rapport à l’étale, me disant que le courant de flot ne serait pas encore trop fort et que le vent étant dans le sens du courant cela passerait sans problème. A ma surprise, à un demi mille du phare de la Vieille je vois des brisants barrer la passe, brisants grossissant en les approchant. J’hésite à m’engager ou faire demi tour puis me décide à y aller. Murs d’eau presque verticaux de l’ordre de deux mètres. Durant près d’un demi mille, au plus fort du courant Balthazar est sérieusement chahuté mais étale bien alors que Philippe et Alain (Content) se taisent lorsque le pont est couvert. J’avais oublié, alors que je connaissais cet effet, de tenir compte du fait qu’une grosse houle s’opposant au courant a le même effet que le vent frais à grand frais s’opposant au courant en levant des brisants. Or on nous annonçait une bonne houle de 2m venant du NW.
Ce coup-ci donc passage plus paisible, de nuit à l’étale bien que nous le passions par visibilité réduite dans le crachin et la brume. Ambiance digne des livres de Quéffelec. Peut-être que les âmes des morts volettent en ce moment au-dessus de l’ilôt Tévennec dont le phare a du mal à percer la brume.
Le phare de la Vieille que nous passons en nous écartant d’une distance suffisante de la Plate pour ne pas s’y faire dépaler par le flot qui a déjà commencé, semble me faire des clins d’œil et me dire « Tu te souviens de Novembre dernier ? Tu es plus sage maintenant… ». Le Raz de Sein ça se respecte !
Cap sur la Parquette. A rouler le génois pour embouquer vent arrière la passe de la rade de Brest. A 2H30 ce matin du Vendredi 20/5 nous tournons les amarres sur le ponton visiteur de la marina du Château et sans attendre nous allons savourer un repos bien mérité dans nos bannettes.
A 9h un toc toc sur la coque nous réveille. C’est Bertrand (Duzan) qui arrive de Paris par l’avion du matin avec du pain frais et des croissants. Bien occupé encore par ses travaux de consultant dans l’immobilier d’entreprise il n’avait pu se libérer à temps pour partir du Crouesty, situation compliquée en outre par une grande grève de la SNCF.
Déjeuner au restaurant sur le port, sieste, bricolage puis dîner léger à bord. A 21h15 nous larguons les amarres pour Dunkerque. Comme en Novembre cette heure est choisie pour profiter de la fin du jusant qui vide la rade de Brest et arriver à la Pointe St Mathieu pour remonter le chenal du Four au début du flot à bonne vitesse, vent de travers bâbord amure.
A empanner en virant le phare du Four. Il est 1h15 ce Samedi 21/5 et nous embouquons une nouvelle fois au flot la Manche. Un vent d’W à SW nous porte, notre vitesse sur le fond variant de 9,7nds au flot à 5,5nds quand le jusant revient. Mais notre vitesse est telle que l’onde de marée nous dépasse lentement au flot alors que nous la croisons rapidement au jusant. Résultat des courses : nous bénéficions d’un temps de flot, qui nous pousse, très supérieur au temps de jusant, qui nous freine.
Vers 11h nous apercevons au loin le nouveau monstre, tout juste lancé à St Nazaire, « Harmony of the Sea ». Ce paquebot de croisière géant fait route pour Southampton comme nous l’entendons déclarer à la VHF. Construire des paquebots de croisière de 5 ou 6000 passagers (avec l’équipage on n’est plus très loin des 10.000 personnes à bord, soit une ville comme Briançon !) est-ce bien raisonnable ? Il est vrai qu’à ce train là les gens peuvent s’offrir une ou deux semaines d’une vie relativement luxueuse animée de distractions, conférences, concerts, spectacles, danse… à des prix imbattables, ce qui fait le succès actuel des croisières. Tant mieux pour nos chantiers de l’Atlantique et leurs innombrables sous-traitants au carnet de commandes bien rempli qui s’en sont fait une spécialité sur le marché mondial (avec deux autres pays, l’Italie et le Japon je crois).
Aidé par le flot dominant de vives eaux Balthazar vire les Casquets, laissés à 2 milles sur tribord, dès 19h ce Samedi. En soirée le vent d’W tombe et il faut faire appel à la risée Perkins au large de Guernesey.
Bertrand est pressé ; je me suis engagé à le débarquer pour qu’il puisse rentrer au plus tard Lundi soir à Paris. Dommage ; nous ne verrons pas les petites anglaises dans cette charmante petite île que les Anglais sont venus nous ravir sous notre barbe.
Le vent est toujours très faible et nous remontons la Manche au moteur à l’extérieur du rail. Dimanche à 9h40 nous sommes par le travers de Fécamp, toujours par temps gris et crachin. En début d’après midi un petit NW rentre. A renvoyer la toile mais nous gardons le moteur à régime réduit pour avancer suffisamment vite.
« Voilier Balthazar de Cross Gris-Nez me recevez-vous ? Oui Cross Gris Nez je vous reçois fort et clair. Balthazar, vos amis du Cross Gris-Nez vous saluent et vous souhaite une bonne croisière en Baltique ». Il n’est pas banal d’être appelé ainsi par un Cross. Un des membres de ce Cross, qui est le MRCC de la France (centre de coordination représentant la France dans les opérations internationales de sauvetage), David Richard, est en effet membre de la commission Sécurité de l’association de marins STW, commission que j’anime, association bien connue des marins pratiquant la grande croisière, apportant son expérience des opérations de sauvetage qu’il acquière en travaillant ici. Comme tous les autres membres de la commission je l’avais prévenu de mon départ en Baltique et de mon absence pendant trois mois. Merci, David et bon vent.
A 21H30 ce Dimanche 22 Mai nous tournons les amarres sur un ponton du port du Grand Large à Dunkerque. Nous n’avons pas traîné pour faire le Crouesty/Dunkerque soit un bon morceau des côtes de France en quatre jours.
JP d’ailleurs me dit que convoyage c’est voyage de c…Mais lui aussi est pressé. Il part dans la semaine avec Mimiche rejoindre Jean-Jacques qui a loué avec des copains un cata pour deux semaines dans la mer d’ Abaco (Bahamas du Nord).
Dunkerque est une ville très animée : sidérurgie, raffineries, industrie chimique, trafic maritime important, Université…s’y activent. Nous sommes agréablement surpris par cette animation et cette jeunesse étudiante en accompagnant Lundi Bertrand et Hubert à la gare vers midi pour prendre un train pour Paris. Bertrand, tu seras rentré à Paris Lundi comme promis. Les deux JP se consolent de leur départ en allant manger un plat bien flamand, sorte de bœuf bourguignon mais mijoté à la bière et non au vin dans un bistroquet sympathique. Dunkerque c’est aussi la ville de Jean Bart. Une plaque au voisinage d’un pont levant conduisant au bassin du Commerce exprime la reconnaissance de la ville affamée, au temps de Louis XIV et de la guerre des Flandres, à ce héros mythique qui réussit entre autres l’incroyable exploit de s’emparer lors de la bataille navale de Texel d’un énorme convoi hollandais de cent vingt navires chargés de blé. Les greniers de Dunkerque furent ainsi remplis pour un bon bout de temps.
Mais pour moi Dunkerque c’est la ville de l’Oncle Paul.
Il vient prendre un Ti’Punch à bord en fin d’après midi, après qu’André (Van Gaver) ait rejoint le bord pour faire avec moi le trajet Dunkerque Kiel.
Oncle de Bernard, le compagnon de mon frère Christian, il exprime la joie de vivre, la gouaille des gens du Nord (les Dunkerquois, me dit-il, sont les Marseillais du Nord) et la curiosité tout en portant allègrement ses 86 Printemps. Horloger de son métier il travaille encore pour son plaisir à ranimer les vieilles pendules de ses amis. Dans la très belle propriété de Christian et Bernard, dans l’Aube, près de Chaource et du Tonnerrois, il y a une horloge sur chaque cheminée. Et bien Oncle Paul en démonte une ou deux chaque année quand il y vient pour les ramener l’année suivante battre à nouveau le temps et sonner les heures de Chesley. Comme il n’y a pas moins de six cheminées cela fait du boulot pour quelques années.
A Dunkerque on aime bien la fête. Le carnaval est ici une grande affaire. L’oncle Paul nous emmène visiter sa ville et nous montre notamment le balcon de l’hôtel de ville d’où traditionnellement le Maire lance à la foule rassemblée et déguisée des harengs pendant cet évènement. Il nous raconte que du temps de Michel Delebarre, grand maire de la ville, la foule s’était mise à crier Delebarre des homards, Delebarre des homards….. pour charrier le Maire. Et bien il ne s’est pas démonté et l’année suivante il lança à la foule des homards en plastique que ceux qui avaient réussis à s’en emparer pouvaient aller échanger contre des vrais ; il fit on le comprend un tabac…çà c’est de la politique électorale !
Nous terminons la visite à Malo-les-Bains. J’ignorais totalement que cette station balnéaire, installée au bord d’une immense plage s’étendant en Belgique, d’une manière presque continue jusqu’à la fameuse station balnéaire de Knokke- le- Zoute, est juxtaposée à Dunkerque et, en réalité, en fait partie. Il tient absolument à nous inviter à dîner dans un restaurant sur la plage au milieu des belles maisons de vacances du XIXième siècle qui la bordent. Il nous raconte sa jeunesse et ses pêches à la crevette en traînant un large râteau sur lequel était maillé un filet fin pour attraper les petits crustacés. Jamais à court d’histoires intéressantes il a enthousiasmé et fasciné nos petits enfants toulousains quand ils l’ont côtoyé à Chesley. Merci Paul de ton accueil chaleureux et bon vent. Tu nous a fait découvrir Dunkerque, si loin de ce qu’imagine un Marseillais.
Des bancs de sable à tribord, d’autres à bâbord, nous nous engageons Mardi 24 Mai après le déjeuner, à mi-marée montante dès la sortie par la passe de l’Est dans un lacis incroyable de bancs de sable s’étendant très loin, en fait presque tout le long de cette côte basse. Quelques balises nous aident dans une eau chocolat, dans des fonds de quelques mètres et de bons courants à trouver la sortie du labyrinthe. La dérive à demi relevée, je cale alors moins de deux mètres, bien inclinée vers l’arrière, m’avertira si je touche par un coup de frein très doux (elle se relève alors toute seule) et permettra de dégager Balthazar en la relevant un peu plus.
Météo France nous annonce un vent de NE force 5 mollissant à 3 ou 4 en fin de nuit ainsi qu’un temps couvert.
Enfin des fonds de 15 à 20m, après la passe de Zuydcoote, si l’on s’écarte des bancs qui continuent à consteller la carte, nous permettent d’effectuer une navigation plus sereine en route directe pour Ijmuiden, à 90 milles, port d’entrée du Nordzee Kanaal qui conduit à Amsterdam. Pendant la nuit une veille attentive avec le radar et l’AIS est nécessaire car beaucoup de navires marchands sillonnent la zone, d’autres sont au mouillage en pleine eau, attendant leur tour pour entrer à Anvers ou Rotterdam. Quel trafic ! Pour compléter le panorama des champs d’éoliennes ont fleuri en mer, non encore marqués sur ma carte électronique, mais que l’on voit parfaitement bien sur l’écran radar comme en faisant le tour d’horizon extérieur car ils sont amplement éclairés de feux scintillants et la visibilité au cours de cette nuit est bonne.
Un chenal bien balisé guide Balthazar vers la passe d’entrée du port d’Ijmuiden et les écluses du Nordzee Kanaal. Nous voilà au pays des tulipes et du Gouda. Mais pas seulement ; on est immédiatement impressionné par une activité industrielle intense qui s’exerce tout au long de ce canal d’une douzaine de milles. En fait c’est un port industriel continu, bordé de bassins innombrables, de raffineries, d’industrie chimique, de sidérurgie, de construction navale, de piles de conteneurs…après avoir franchi la plus petite des quatre écluses en parallèle reliant le canal à la mer il faut bien regarder car le trafic est intense : porte conteneurs, pétroliers, remorqueurs, barges, péniches, ferries, s’entrecroisent sans ralentir. Mieux vaut bien chouffer bien que le canal soit très large. A 11H40 ce Mercredi 25 Mai nous tournons les amarres à un ponton de la nouvelle Amsterdam Marina satisfaits d’arriver après une longue nuit et une navigation compliquée.
L’accueil à la marina est le plus simple que j’aie jamais rencontré. Personne au bureau d’accueil. Après avoir appelé le N° de téléphone indiqué un garçon s’occupant de l’entretien des pontons arrive décontracté. Il nous dit que nous sommes très bien là où nous nous sommes installés, qu’il n’y a aucun papier à remplir et que nous paierons en l’appelant au téléphone lorsque nous partirons. C’est tout.
Le Thalys arrive à l’heure à la Centraal Station que nous rejoignons directement de la marina par un ferry Vendredi 27 après midi et me permet de retrouver avec joie Anne-Marie qui rejoint le bord pour une petite croisière aux Pays-Bas.
Nous avons bien aimés, Anne-Marie, André et moi, notre séjour à Amsterdam, que nous n’avions pas visité depuis très longtemps, ses petits canaux paisibles bordés de maisons anciennes (beaucoup datant des années 1600, étroites et hautes avec leur monte charge tout en haut de leur pignon pour emménager ou déménager par l’extérieur, les cages d’escaliers intérieurs étant je suppose trop étroites pour monter les armoires flamandes..), ses rues animées d’une jeunesse nombreuse et bon enfant, l’incroyable circulation cycliste marginalisant les voitures peu nombreuses, le Rijksmuseum et ses peintres flamands, le superbe et nouveau musée Van Gogh, la maison de Rembrandt….
A larguer les amarres Lundi 30 Mai vers 11h pour franchir l’écluse qui nous ouvre l’accès à ce qui était le Zuiderzee et est devenu, après sa fermeture, l’Ijselmeer au Sud de la grande digue.
Nous remontons au près serré bâbord amure un long chenal dragué à guère plus de 3,5m pour les péniches qui le parcourent. Le vent est frais, force 5 à 6, levant un clapot désagréable sur ces faibles profondeurs. Quand le bon gisement est atteint virement de bord pour quitter le chenal et s’engager en route directe sur Edam où je vous ai laissé au début de la lettre. Les fonds oscillent entre 2,5m et 3,5m et il faut s’y habituer, comme dans les Bahamas. Mais ici l’eau opaque, couleur chocolat, ne nous donne pas par les dégradés de bleu et d’émeraude plus ou moins clairs d’indication de la profondeur. Yeux fixés sur le sondeur, dérive à demi relevée pour caler moins de 2m, il nous faut un certain temps pour s’habituer à cette navigation au ras du dos des crabes.
Nous flânons avec plaisir sur les petits quais et dans les rues de ce gros bourg d’Edam par un temps qui s’est provisoirement éclairci avant de se terminer le soir par un violent orage.
Bel après midi de voile le lendemain, après une grasse matinée et une nouvelle promenade, par un temps qui a beaussi, après avoir franchi le pont et l’écluse pour s’en libérer et déjeuné le long d’un quai dans le petit Buitenhaven avant de prendre la mer.
Une courte étape d’une quinzaine de milles nous conduit dans la petite ville historique de Hoorn, qui fut une des places majeures de commerce et cofondatrice de la Compagnie hollandaise des Indes orientales ainsi qu’un port important de pêche au hareng. Un de ses valeureux capitaines, Willem Cornelisz Schouten (1580-1625), le premier à contourner au Sud du détroit de Magellan l’extrémité méridionale de l’Amérique, donne à l’ultime îlot de la Terre de Feu le nom de sa ville natale. Un autre de ses fils, Jan Pietersz. Coen (1587-1629) est gouverneur général des Indes néerlandaises et fonde Batavia, aujourd’hui Djakarta. Il fallait des marins et négociants d’une sacrée trempe pour lancer de telles entreprises avec les bateaux et les maigres connaissances (notamment les cartes et instruments de navigation. Que l’on se souvienne qu’ils n’avaient pas de chronomètres de marine leur permettant de déterminer leur longitude donc leur position) de l’aube du XVIIième siècle. Entrée toujours avec très peu d’eau mais facile dans le Buitenhaven. Nous dédaignons la marina moderne et sans caractère de l’entrée pour passer sous la puissante tour et ancien magasin de poudre gardant l’entrée étroite par une écluse ouverte du Binnenhaven. Nous voilà au cœur de la ville ancienne, accosté à un quai bordé directement par un parc planté de chênes et arbres splendides poussant sur une belle pelouse verte. Les cygnes et les cols verts nous entourent.
Aux parents et ami(e)s qui nous font la gentillesse de s’intéresser à nos aventures nautiques à travers ce carnet de voyages
Pour lire d’autres lettres de Balthazar ou voir des photos et documents visitez le site de Balthazar artimon1.free.fr
Equipage de Balthazar :
- du Crouesty à Brest, Jean-Pierre, JP, Hubert
- de Brest à Dunkerque, les mêmes renforcés par Bertrand
- de Dunkerque à Amsterdam, Jean-Pierre et André
- d’Amsterdam à Hoorn, Jean-Pierre, Anne-Marie et André